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Mes contes de fées

La princesse au petit pois, ma version

Publié le 25 Mars 2017 par BengiBerte in un de mes contes, féminisme, amour, princesses

Il était une fois un prince qui vivait dans un lointain pays. Ce prince souhaitait se marier mais malheureusement, il ne trouvait aucune princesse à son goût.

- Comment pourrais-je savoir si ce sont de vraies princesses ? demandait-il à sa mère. Je ne veux me marier qu’avec une vraie princesse !

- Toutes les femmes que nous t’avons présentées sont de vraies princesses, objectait sa mère.

- Mais une vraie princesse est forcément une créature de brume et d’éther, sensible, fragile et délicate, à l’âme semblable à une vague au creux de la tempête et au cœur tel un cheval fougueux au galop ! Une vraie princesse respire des couchers de soleil et transpire des flots d’arcs-en-ciel !

- Ce que tu dis ne veut strictement rien dire ! s’écriait la reine, catastrophée.

- Ça m’est égal ! Je veux épouser une vraie princesse !

Les jours passaient et le prince ne trouvait toujours aucune princesse qui lui plaisait. Un soir, alors qu’il pleuvait à verse, quelqu’un frappa à la porte du château. Comme tout le monde était en train de faire griller des marshmallows, le prince alla ouvrir lui-même et se trouva à une jeune fille aux vêtements et aux cheveux détrempés.

- Bonsoir, dit-elle en faisant la révérence. Je me suis égarée loin de chez moi et la pluie m’a surprise. Puis-je entrer un instant pour me sécher, s’il vous plait ?

- Etes-vous une princesse ? s’enquit le prince.

- Non. Je suis vendeuse mais j’ai vraiment très froid. Si vous vouliez bien me laisser entrer cinq minutes, ce serait très gentil.

- Vous ne rentrerez pas ici si vous n'êtes pas une princesse ! s’offusqua le prince.

- Eh bien… je suis une princesse et j’ai perdu ma couronne ! mentit la demoiselle. S’il vous plait, laissez-moi entrer.

Le prince laissa entrer la demoiselle. Les domestiques lui apportèrent des vêtements secs et elle se mit à attendre la fin de l’orage auprès du feu. Malheureusement, la pluie ne faisait que redoubler. Intrigué par cette nouvelle venue, le prince se tourna vers sa mère :

- Penses-tu qu’elle soit une vraie princesse ? demanda-t-il. Une créature si subtile qu’elle perçoit la moindre imperfection partout où elle va ?

- Je pense que je vais lui offrir l’hospitalité pour la nuit, répondit la reine. Princesse ou pas, si elle sort sous cette pluie, elle va attraper froid et tomber malade.

Le prince eut alors une idée. Il demanda aux domestiques de préparer une chambre d’amis, de déposer un petit pois sur le sommier et d’y empiler vingt matelas et vingt édredons. Il pensait que si la jeune fille arrivait à sentir le petit pois à travers les matelas, il s’agirait forcément d’une vraie princesse.

Le lendemain, comme la jeune fille s’apprêtait à rentrer chez elle, le prince l’arrêta :

- Avez-vous bien dormi ? lui demanda-t-il.

- Oui, répondit-elle. L’orage s’est calmé et j’ai pu dormir tranquille.

- Et n’avez-vous rien senti de spécial sous votre matelas ?

- Eh bien, comme cette pile de matelas était beaucoup trop haute, j’en ai traîné un à terre et je me suis installée dessus pour dormir ! Au passage, vous ne devriez pas construire des piles de matelas aussi hautes. Quelqu’un pourrait tomber et se faire très mal.

Le prince resta stupéfait et la reine éclata de rire.

- Bravo ! dit-elle. Voilà une fille intelligente !

- Je ne suis pas plus intelligente que les autres filles ! protesta la demoiselle.

- En tout cas, vous êtes beaucoup plus intelligente que la princesse imaginaire dont mon fils est amoureux !

- Je veux épouser une vraie princesse ! répéta le prince.

- Je préférerais que tu épouses une femme avec du bon sens et un peu de jugeote mais après tout, c’est toi qui décides.

Perplexe, la jeune vendeuse rentra chez elle et se remit à travailler comme si de rien n’était. Le prince réfléchit longuement et décida que s’il ne trouvait pas de princesse capable de sentir un petit pois à travers vingt matelas, il ne se marierait jamais.

C’est ainsi que le prince resta célibataire toute sa vie. Quand la reine en eut assez, elle organisa des élections et le peuple élut la première femme présidente. Celle-ci présida le pays de manière juste et intelligente jusqu’à la fin de son mandat et vécu heureuse toute sa vie. Quant à la jeune vendeuse, elle réalisa son rêve et monta sa propre boutique, qui eut beaucoup de succès.

La fin !

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