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Mes contes de fées

Les trois princesse et le dragon, deuxième partie

Publié le 15 Juillet 2016 par BengiBerte in princesses, dragons, amitié, féminisme, frères et soeurs, un de mes contes

Le dragon de l'Histoire sans fin
Le dragon de l'Histoire sans fin

Les deux filles se précipitèrent jusqu’au château où elles trouvèrent Rose qui se tenait debout sur un tabouret, l’air crispé, tandis que des servantes ajustaient l’ourlet de sa robe de mariée.

- Viens, Rose ! s’écria Eglantine. On a besoin de toi !

- Pas maintenant ! protesta la reine. Vous tombez bien, les filles : vous allez essayer vos robes de demoiselle d’honneur !

- Mais Mère ! s’écria Violette. Nous avons trouvé un moyen pour faire partir le dragon !

- Violette ! lança la mère, scandalisée. Si l’une de vous fait partir ce dragon, alors le roi et tous les chevaliers vont penser qu’ils n’ont pas été assez intelligents pour ça, et ils vont se sentir stupides ! Il ne faut jamais donner à un homme l’impression qu’il est stupide !

- Mais ils sont stupides ! rétorqua Eglantine. La solution est facile : il suffit d’aller parler au dragon !

La reine et l'aînée des princesses échangèrent un regard stupéfait. Quelle mouche piquait donc Eglantine?

- Les dragons sont des créatures dangereuses et cruelles ! lança la reine.

Eglantine voulut protester mais Violette la fit taire d’un signe de la main. Ce n’était pas le temps de discuter. Les couturières firent essayer des robes aux trois princesses et celles-ci rongèrent leur frein pendant des heures. Enfin, les trois sœurs se retrouvèrent ensemble.

- Rose, nous avons une annonce à te faire ! déclara Violette. Nous sommes allées voir le dragon…

- Comment ? coupa Rose. Mais vous n’auriez jamais dû faire ça ! C’était incroyablement dangereux !

- Nous le savons, répondit Eglantine. Mais on lui a parlé. C’est une maman dragon et elle protège ses bébés.

- Si elle attaque les chevaliers qui s’approchent, c’est parce qu’elle a peur pour eux, ajouta Violette. On veut expliquer tout cela à père pour qu’il dise aux chevaliers de laisser la dragonne tranquille.

- Vous êtes sorties sans autorisation ? s’étonna Rose. Il aurait pu vous arriver n’importe quoi !

Rose était furieuse. Etant l’aînée, elle voulait toujours protéger ses petites sœurs. Elle leur en voulait d’être parties sans elles mais en même temps, elle commençait à trouver la situation intéressante.

- Père ne voudra jamais nous écouter, ajouta-t-elle. Il vous punira même d’être sorties sans son autorisation. Bravo mes sœurs, vous avez été très courageuses. Maintenant, vous allez me guider vers ce dragon quand la nuit sera tombée.

ooo

Le soir venu, les trois princesses se rendirent dans la grotte. Violette et Eglantine présentèrent Rose à la dragonne. L’aînée des princesses resta pensive un moment, puis prit une décision :

- Nous allons vous aider à déménager ! annonça-t-elle. Chacune de nous va porter un bébé dans chaque bras et vous, messire dragon, vous porterez le septième. D’accord ?

- Les dragons ne s’appelle ni messire, ni monsieur, ni madame, annonça la dragonne. Nous utilisons le même mot pour tout le monde : maziouf, ou méziouf s’il y a plusieurs dragons.

- D’accord, maziouf, répondit Rose. Si cela vous convient, nous allons déménager maintenant.

Les trois princesses prirent donc un bébé dragon dans chaque bras. Les bébés ronronnaient et pépiaient tandis que les trois sœurs marchaient le long du chemin derrière le dragon qui filait vers l’autre grotte. Il faisait sombre et le cœur des princesses battait d’excitation. Elles n’avaient jamais cheminé ainsi au clair de lune ! Enfin, le dragon leur désigna une grotte proche et déposa le septième bébé par terre.

- C’est ici ! annonça-t-elle. Merci de tout cœur, méziouf. Vous avez sauvé mes enfants. Maintenant, rentrez vite chez vous !

- Attendez ! protesta Violette. Aurez-vous assez à manger ?

- Nous allons vous trouver des feuilles de chêne ! s’écria joyeusement Eglantine avant que la dragonne n’aie eut le temps de répondre.

Sur ce, elle s’échappa dans la forêt. Ses sœurs la rattrapèrent vite car sa robe vert pâle se détachait dans l’obscurité. Rose la gourmanda un peu mais Eglantine la supplia de la laisser cueillir encore quelques feuilles pour les bébés dragons. Rose se laissa attendrir.

- Une poignée chacune, décida-t-elle. Ensuite, on entre !

Les filles arrachèrent les feuilles du premier arbre qui se trouvait devant elles. A vrai dire, elles ne se demandaient même pas s’il s’agissait bien d’un chêne ou non. Rose se sentait un peu inquiète, Violette, émue et Eglantine, toute excitée. Elles revinrent en hâte vers la grotte, y déposèrent les feuilles de chêne et firent leurs adieux à la maman dragon.

Ce n’est qu’une fois rentrées au palais royal que les trois sœurs remarquèrent que leurs chaussures délicates étaient toutes couvertes de terre. Elles les brossèrent, les passèrent sous l’eau et finirent par aller se coucher pour rêver de bébés dragons.

ooo

Le lendemain, un chevalier se présenta au palais, couvert de sang, et annonça qu’il avait tué le dragon. Rose faillit s’évanouir d’effroi. Le roi annonça alors à toute la cour que le chevalier allait épouser Rose dans la semaine.

- Mais mon père ! protesta Rose. Je n’ai aucune envie de l’épouser !

- Mais ce pauvre dragon ! s’écria Eglantine. Comme elle a dû souffrir !

- Oh, cela a été rapide ! se vanta le chevalier. Je n’ai eu qu’à trancher sa grosse tête rouge !

Les sœurs se regardèrent, stupéfaites. La dragonne qu’elles connaissaient était noire et non pas rouge.

- Sa tête rouge ? répéta Violette. En êtes-vous certain ?

- Oui, s’écria le chevalier. Son énorme tête rouge ! Parce que ce dragon avait trois têtes : une rouge, une verte et une noire !

Les sœurs comprirent que le chevalier mentait. Il n’avait pas tué le dragon et s’était aspergé de sang de boucherie pour faire croire le contraire. Les princesses soupirèrent de soulagement et Rose s’avança :

- Noble chevalier, je n’accepterai d’épouser que celui qui m’amènera la tête du dragon.

- Mais… bien sûr ! bredouilla le chevalier avant de partir en courant.

- Il nous cache quelque chose, murmura Rose. Je dois rester, nos parents nous surveillent. Eglantine, tu vas partir vérifier que les bébés dragons vont bien. Violette, tu vas le suivre et voir ce qu’il mijote.

Les deux sœurs partirent sur-le-champ. Violette suivit discrètement le chevalier et le vit entrer dans une écurie. Il en ressortit cinq minutes plus tard avec un sac de paille, après quoi il entra chez un tanneur. Elle réfléchit un instant puis revint vers le palais.

- Il achète du cuir, souffla-t-elle à Rose. Je crois qu’il veut se fabriquer une fausse tête de dragon.

- Je reviens de la grotte, ajouta Eglantine, qui venait d’entrer dans la pièce, complètement essoufflée. Les bébés vont bien et sa maman aussi.

- Personne ne t’a suivie ? s’enquit Rose.

- Non ! J’ai fait très attention. La maman dragon m’a dit qu’elle et les petits pourront partir dans quelques semaines

Les filles soupirèrent de soulagement et attendirent jusqu’à ce que le chevalier revienne. Il tenait à bout de bras un sac de jute.

- Voici la tête du dragon ! s’écria-t-il. Donnez-moi la princesse en mariage !

- Un instant ! protesta Rose. J’aimerais examiner la tête du dragon.

- Voyons ! gronda le chevalier. Une princesse délicate comme vous ne doit pas regarder quelque chose d’aussi vilain qu’une tête de dragon ! Cela vous donnerait des cauchemars !

Excédée, Eglantine arracha le sac des mains du chevalier et en sortit la fausse tête.

- C’est une tête de cuir peinte en rouge ! claironna-t-elle. Cet homme est un imposteur !

Tout le monde poussa des cris d’étonnement. Tout penaud, le chevalier dût s’expliquer. Il avait trouvé la grotte vide et il avait décidé de profiter de la situation. Le roi le renvoya chez lui et envoya des serviteurs à la grotte. Ceux-ci constatèrent que le dragon était parti et tout rentra dans l’ordre.

A suivre...

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