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Mes contes de fées

La belle-soeur de Riquet à la Houppe, deuxième partie

Publié le 15 Avril 2014 par BengiBerte in un de mes contes, ambition, féminisme, frères et soeurs

Quand Sonya se réveilla, il faisait grand jour. Le soleil brillait et les oiseaux chantaient dans les arbres, sur le bord de la route. La journée s’annonçait très belle.

Bientôt, le carrosse arriva en ville et finit par s’arrêter devant un hôtel. Sonya embrassa sa sœur et son beau-frère, ajusta un voile sur son visage si laid et sauta prestement du carrosse. Elle marcha longuement dans les rues, émerveillée par le spectacle des gens qui marchaient, bavardaient et s’interpelaient les uns les autres. Certains portaient des tenues tout à fait extraordinaires. Sonya demanda son chemin à plusieurs personnes et finit par trouver la bibliothèque.

C’était sans doute le bâtiment le plus laid qu’elle avait jamais vu. Une peinture gris sale s’écaillait sur ses murs et on aurait dit une prison, non une bibliothèque. Pourtant, le mot « bibliothèque » s’étalait sur le devant en grosses lettres noires. Sonya entra, intimidée, et resta saisie d’admiration. Des milliers de livres s’étalaient sur des centaines d’étagères : noirs, bleus, reliés de cuir et de carton. Il faudrait sans doute des centaines d’années pour tous les lire.

- Ce que j’aimerais vivre ici ! murmura-t-elle, rêveuse.

- Oh, ça, vous pouvez ! s’écria la femme qui se trouvait derrière la caisse. On recherche quelqu’un pour travailler ici.

- Je peux travailler ici ? répéta Sonya, incrédule.

- Oui ! Pendant la journée, vous rangez les bouquins et vous faites l’inventaire. Le soir, si vous en avez encore le courage, vous pouvez lire. Ça vous dit ?

- C’est le travail le plus merveilleux du monde ! s’écria Sonya.

C’est ainsi que Sonya se mit à travailler comme si elle n’avait jamais été une princesse. Elle devint vite amie avec la bibliothécaire, ainsi qu’avec beaucoup des clients. Le soir, quand ceux-ci étaient partis, elle lisait. Pendant deux longues années, elle lut tous les livres de science : ceux de médecine, de chimie, de mathématiques, d’astronomie, de biologie et bien d’autres encore. Elle adorait ça. Les gens l’aimaient bien car elle se montrait toujours agréable, vive, spirituelle et fort polie. Au bout de deux ans, elle croisa un jeune homme qui empruntait un livre de médecine.

- Monsieur, lui dit-elle, ce livre est très bien mais celui-ci est encore mieux ! Tenez !

- Merci ! répondit-il. C’est très gentil de votre part de me renseigner. J’ai décidé d’aller étudier la médecine à l’université bleue.

- L’université bleue ? répéta-t-elle.

- Oui ! C’est une université qui se trouve dans la ville bleue, de l’autre côté du désert. Tous les meilleurs médecins y sont formés !

- Oh, j’adorerais faire ça ! s’écria Sonya. Savez-vous comment on peut s’y rendre ?

- Eh, c’est une université de garçons ! Les filles n’ont pas le droit d’étudier la médecine ! Il y a un chariot qui traverse le désert toutes les semaines mais les filles n’ont pas le droit de l’emprunter parce que c’est trop dangereux pour elles de toute façon.

- Je n’ai pas peur du danger, répondit Sonya. J’ai déjà lu des tas de livres de médecine et je les ai tous compris. Je suis sûre que je peux devenir un très bon médecin.

- Mais enfin, mademoiselle ! C’est un métier trop fatiguant pour une fille ! Il vaut mieux être infirmière !

- Ah bon ? Il me semble qu’être infirmière est beaucoup plus fatiguant !

Le garçon ne trouva rien à répondre. Sonya attendit la fin de la journée, puis alla se renseigner. Il y avait bien une caravane mais l’homme qui la conduisait refusa de la prendre. Sonya insista encore et encore et l’homme finit par céder.

- Nous allons peut-être être attaqués par des brigands pendant la traversée, lui confia-t-il. Cela te fait-il peur ?

- Non. Hier, j’ai vu un homme qui passait près d’une vieille maison et une tuile a failli lui tomber dessus. Il n’a pas pour autant cessé de s’approcher des maisons. Il ne faut pas avoir peur dans la vie.

- Très bien ! conclut le chauffeur. Retrouve-moi ici demain matin avec tes bagages !

Sonya prépara donc son sac, cousit son argent dans la doublure de sa robe et fit ses adieux aux gens qu’elle connaissait à la bibliothèque. Ils l’embrassèrent bien fort et lui souhaitèrent bonne route. Le lendemain, le charriot se mit en route. Sonya était la seule passagère. Elle relisait le seul livre qu’elle avait emporté tout en imaginant les merveilles qui l’attendaient à l’université.

Soudain, le charriot s’arrêta brusquement et Sonya vit un homme surgir dans le charriot et la tirer par le bras. Elle avait peur, très peur. Ils étaient en train de les attaquer !

- Donne-moi ton sac avec ton argent ! cria-t-il.

- Je n’ai pas d’argent dans mon sac, répondit très calmement Sonya. Je n’ai rien dans mes poches non plus. Partez !

- Donne-moi ton argent ! hurla-t-il.

Sonya avait très peur mais elle ne se laissa pas démonter. Elle vida son sac, qui ne contenait que deux robes ordinaires et son livre préféré.

- Où es ton argent ? répéta le brigand, furieux.

- Je n’ai rien à vous donner ! cria Sonya en se redressant de toute sa hauteur. Partez !

Furieux, le brigand donna un coup de pied dans le livre et sortit. Il voulut grimper sur son cheval mais trébucha et se fit très mal au genou tandis que le conducteur remettait le charriot en route. Sonya ramassa son livre et en essuya soigneusement la couverture.

- On arrive bientôt ! cria le conducteur.

Sonya soupira de soulagement. Elle avait vraiment hâte d’être arrivée.

A suivre...

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